Sur la piste des derniers hommes sauvages

avec Simon Jean Loyer, Adrien Krauz & Soo Jung Park


« Un monde neuf a été enfanté. Un monde vaste, complexe, et surtout brutal. Il n’a pas de mère. Un père monomaniaque, Architecte visionnaire, poète technofasciné dans un univers peuplé de Machines. Ses frères et sœurs, le Progrès, le Bonheur, l’Ordre… une famille mégamachinique. »



︎    La maquette du livre « Sur la piste des derniers hommes sauvages » nominée et exposée pour le LUMA Dummy Book Award aux Rencontres d’Arles 2015 ︎    photos 2015, 2016















Aperçus du livre
Le Carrefour Pompadour est un gigantesque croisement, une porte de Paris au beau milieu de la banlieue sud-est. Construit sur des terres qui appartinrent à Madame de Pompadour, célèbre maîtresse du roi Louis XV, le carrefour génère une zone qui présente toutes les caractéristiques induites par l’urbanisme automobile : magasins « boîtes à chaussures », parkings, grillages, terrains vagues...

« Dans un monde hostile, projeté par les Ingénieurs du Grand Tracé pour faciliter le passage des Machines, des hommes et des femmes tentent de survivre. Ils créent une géographie autre, des parcours alternatifs, des itinéraires bis… Comme on piste les lapins de garenne, voici le recueil de traces d’humains rendus à la nature, une nature technocosmique construite par leurs congénères Modernes à l’usage des Machines, auxquelles ils préparent le terrain. Bientôt, l’Homme, obsolescent, laissera la place à son digne successeur. L’exoévolution est en marche. »


« Sur la piste des derniers hommes sauvages »
tente de reconnecter avec le récit à l’origine de l’émergence de notre condition métropolitaine actuelle, dans le but d’en révéler les potentialités invisibles.

Qu’est-ce que les imaginaires apportent à l’interprétation de la modernité tardive ?

Il existe un récit au fondement des manifestations de la modernité, en particulier de celles qui prennent place depuis la seconde moitié du vingtième siècle et qui reposent sur le développement, la croissance économique, suivant des visions formulées par la puissante coalition de la technologie, de la science et de l’État.

Une de ces manifestations les plus importantes réside dans le domaine de l’urbain ; la métropole et sa force d’attraction sont devenues des faits indiscutables, autonomes vis-à-vis de la volonté de leurs organisateurs.

Ce récit d’émancipation et de progrès a en réalité produit des ruines en devenir, des incertitudes.
Pourtant, des traces de ce récit fondateur persistent et cohabitent avec ses effets secondaires indésirables.

Comment vivre dans un environnement bâti sur des promesses obsolètes ?

Le Carrefour Pompadour est le lieu idéal pour répondre à de telles questions. Construit par les rêves du passé, son futur semble condamné à la ruine. Comment habiter cet endroit ?

Ce travail s’inscrit dans une recherche plus large appelée « Rémé » (Révélations Métropolitaines), qui tente d’explorer les potentialités narratives de situations métropolitaines, en combinant photographies, textes narratifs et design graphique.


︎        Adrien Krauz
︎        Soo Jung Park & Simon Jean Loyer 
︎        Antoine Séguin




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